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1
Histoire environnementale
2
Philosophie et éthique environnementales
3
Sociologie de l'environnement
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Écologie politique
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Écocritique
6
Anthropologie de l'environnement
7
Théorie politique environnementale
8
Esthétiques environnementales

Philosophie et éthique environnementales

La philosophie et l’éthique environnementales s’interrogent sur notre rapport à la nature et sur les valeurs morales que celui-ci implique. La discipline naît au début des années soixante-dix lorsque, une fois la « crise environnementale » devenue sociale, culturelle et politique, la philosophie s’interroge sur la justification morale du rapport des hommes à la nature. Un champ de recherche se structure rapidement dans la philosophie anglo-saxonne. En définissant et en rejetant l’anthropocentrisme, éthique selon laquelle seuls les êtres humains ont une fin en soi, le biocentrisme considère que tous les organismes vivants ont une valeur intrinsèque. Ils sont égaux entre eux, dotés d’une considération morale et, par conséquent, de droits. À partir des années quatre-vingt, l’écocentrisme met ensuite l’accent sur les non-vivants et, plus largement, sur l’interdépendance des éléments humains et non-humains de la « communauté biotique ». Ils ont leur place dans un système mixte et, en tant que tel, chacun mérite un traitement moral, et juste.
    Bloqués entre un biocentrisme déontologique, individualiste et négatif (empêcher les actions sur la nature) et un écocentrisme conséquentialiste, holiste et positif (assumer les relations complexes entre l’homme et son milieu), les philosophes en viennent enfin à reconnaître que la modernité s’est construite sur la neutralisation morale des entités non-humaines. Reposant la question de l’inclusion-exclusion des humains et des non-humains afin d’élaborer une éthique environnementale pragmatique, ils mettent de l’avant le potentiel heuristique et pratique d’un anthropocentrisme élargi, attentif à la pluralité des systèmes, des contextes, des valeurs et des justifications. Tandis que cette approche permet d’intégrer les apports de la philosophie et de l’éthique environnementales à la gestion actuelle des écosystèmes, elle soulève néanmoins une question aujourd’hui encore sans réponse. En effet, si les non-humains comptent bel et bien en tant qu’objets ayant une fin en soi, est-il dès lors moralement justifiable de les faire systématiquement passer après les humains ?
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