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Histoire environnementale
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Philosophie et éthique environnementales
3
Sociologie de l'environnement
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Écologie politique
5
Écocritique
6
Anthropologie de l'environnement
7
Théorie politique environnementale
8
Esthétiques environnementales

Écocritique

En 1974, Joseph Meeker publie The Comedy of Survival: Literary Ecology and a Play Ethic, le premier texte d’analyser les genres littéraires selon une perspective écologique. Mais son argument n’a pas tellement d’échos dans le monde littéraire. Il en va de même pour l’article de William Rueckert publié en 1978 « Literature and Ecology » qui tente d’étudier la poésie en se servant de concepts et d’idées de la science écologique. C’est au début des années quatre-vingt-dix lors de la création de l’association ASLE (Association for the Study of Literature and the Environment) que l’écocritique commence à émerger comme nouvelle approche littéraire. Malgré le développement international qui s’ensuit, en Australie, au Canada, en Europe et en Asie, l’écocritique provoque aujourd’hui encore de tels débats qu’il reste difficile d’en proposer une définition.
    D’un point de vue méthodologique, comme le remarque Ursula Heise (2006), l’écocritique se tient ensemble plus comme projet politique que comme théorie ou méthode. Sans pour autant se mettre d'accord sur la méthode à utiliser, l’écocritique s’est montrée interdisciplinaire dès le début, suivant le modèle des études féministes et des études culturelles, mais dans le but de décentrer l’humain et de défaire l’anthropocentrisme. On peut reprocher à l’écocritique de s’être trop éloignée des questions littéraires, c’est-à-dire des caractéristiques poétiques et narratives de la littérature, mais un tel reproche relève de différences théoriques plus importantes dans le domaine des études littéraires. Comme le montre l’histoire de la théorie littéraire, le trajet du formalisme aux queer studies n’était pas sans obstacles et reste encore une source de conflits à cause des idées souvent opposées sur la fonction du texte littéraire et son rapport au contexte socio-culturel. Pour sa part, l’écocritique embrasse l’idée que la littérature est un domaine parmi bien d’autres qu’il faut analyser et comprendre si l’on veut aborder des problèmes aussi complexes que la crise environnementale.
    D’un point de vue théorique, faire le portrait des questions posées par les multiples branches de l’écocritique exigerait un texte bien plus long que celui-ci. On peut tout de même définir deux domaines qui ont influencé la manière dont on a posé certaines de ces questions en écocritique : d’une part, le domaine de la science, et d’autre part, le domaine de la philosophie. Pour ce qui est de la science écologique, après s’être inspirée des concepts de niche, de stabilité et d’interdépendance pour avancer l’argument qu’il fallait trouver un rapport plus harmonieux avec la nature, l’écocritique s'interroge sur les principes épistémologiques et les présupposés philosophiques de la science comme discours sur la nature. Dans le domaine de la philosophie, après s’être inspirée des idées relatives au deep ecology, l’écocritique se tourne vers des systèmes philosophiques qui n’opposent pas l’être humain et la nature, tout en regardant du côté des modèles issus de tradition de pensée non-occidentale tels que l’animisme et le TEK (Traditional Ecological Knowledge) des peuples indigènes, autochtones et aborigènes. À partir d'un ensemble divers d'outils, de méthodes, d'approches et de théories, l’écocritique cherche à imaginer l’avenir de l’espèce humaine sur la planète qu’elle appelle home.
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