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Littérature et écologie 30 mai 2013

Littérature et écologie : Nouvelles perspectives critiques dans la recherche littéraire et culturelle. Derniers délais : Appel à contributions.
XVIe congrès de la Deutsche Gesellschaft für Allgemeine und Vergleichende Literaturwissenschaft (DGAVL). Université de la Sarre, Sarrebruck 10-13 juin 2014. Organisation : Prof. Dr. Christiane Solte-Gresser, Dr. Claudia Schmitt

Littérature et écologie
Au cours des dernières décennies, l’écologie s’est établie comme un discours clé dans le monde occidental. Dans la mesure où il s’agit aujourd’hui d’assumer une responsabilité face aux problèmes écologiques urgents d’ordre politique ou social et de développer des solutions durables adaptées, l’écologie gagne largement du terrain, et cela particulièrement dans le domaine des sciences sociales et naturelles.

D’un point de vue historique et culturel, la question se pose à présent de savoir quels sont les fonctions, les différentes conceptions et les modèles de la relation entre la nature et la société qui se dessinent en littérature et dans les arts connexes. Quel rapport ces œuvres entretiennent-t-elles avec la réalité sociale et dans quelle mesure cette perspective peut-elle s’avérer fructueuse pour notre vision de l’écologie ? Car certains paramètres – comme par exemple l’opposition entre les besoins de l’homme d’un côté et le respect de l’environnement de l’autre, ou les changements climatiques, dont l’impact sur la vie humaine est souvent imprévisible – ont trouvé leur entrée dans la littérature depuis l’Antiquité. Depuis lors, ils dépendent directement des évènements historiques majeurs et sont intimement liés aux contextes culturels et nationaux respectifs. Par ailleurs, on constate que la littérature elle-même, intègre certains discours extralittéraires sur l’écologie.

Si l’on part du principe que la littérature constitue un « réservoir du savoir sur la vie » (« Speicher für Lebenswissen » cf. Ette), qui crée, applique et véhicule une grande variété de concepts et de programmes écologiques sur le mode de la fiction, les avantages d’une approche critique littéraire et culturelle apparaissent clairement. Car des phénomènes tels que la critique de la civilisation, la dichotomie entre nature et culture, ou les catastrophes naturelles offrent de tout temps la matière pour une réflexion culturelle sur l’environnement.

Il en résulte une série d’interrogations qui seront au centre du XVIe congres de la DGAVL. Quelles sont les fonctions, les formes, et quels sont les moyens de mise en œuvre d’une esthétique littéraire concernant la relation entre des organismes en littérature et plus globalement dans le domaine des lettres et de la culture ? Dans quelle mesure y a-t-il ici interaction entre des phénomènes écologiques et économiques ? Quels sont les conflits qui en découlent, voir les opportunités qui peuvent s’en dégager ? Quelle évolution historique les enjeux écologiques ont-ils connu en littérature et dans l’art en général ? Comment les problèmes actuels tels que le réchauffement climatique sont-ils abordés dans la littérature et la civilisation ? Pour répondre à ces problématiques, nous prendrons comme point de départ les études qui s’inscrivent dans le mouvement de l’« écocritique » (ecocriticism), pour prolonger dans un second temps de telles approches par une réflexion comparatiste, afin d’examiner en définitive les perspectives nouvelles qu’apporte le rapprochement de la critique littéraire avec d’autres discours scientifiques à la connaissance de la littérature.

Le terme ecocriticism est utilisé pour la première fois en 1978 par Wiliam Rueckert dans son fameux essai « Literature and Ecology. An Experiment in Ecocriticism ». Depuis, l’écocritique suscite un intérêt en développement continu en tant que domaine de recherche des lettres et des études culturelles, qui connaît, malgré des approches plutôt divergentes, deux grandes constantes en ce qui concerne l’objet d’analyse commun : la thématique de la nature d’un côté et la relation homme/nature ou plus généralement homme/environnement de l’autre.

Dans le monde anglophone, les bases sont jetées depuis plus de vingt ans : dès 1990, la première chaire de « Littérature et Environnement » est ouverte à l’université de Nevada. Depuis 1992, il existe une association américaine appelée ASLE (Association for the Study of Literature and Environment), dont l’équivalent européen EASLCE (European Association for the Study of Literature, Culture and Environment) a été fondé en 2004. En Allemagne, l’écocritique s’est établie avant tout en Philologie Américaine. Entre temps, elle a également trouvé une entrée, quoique ponctuelle, en Germanistique, donnant lieu avant tout à des études sur le concept de ‘nature’ dans différents mouvements littéraires, ou à des analyses d’auteurs particuliers.

Il est significatif de constater que, jusqu’à présent, une approche résolument comparatiste n’a presque pas été exploitée dans le domaine de l’écocritique. Pour cette raison même, le congrès de la DGAVL à Sarrebruck s’est donné comme objectif de combler cette lacune. Dans cette optique, nous pourrons nous rallier aux concepts actuels formulés par le réseau scientifique « Ethik und Ästhetik in literarischen Repräsentationen ökologischer Transformationen », réseau  récemment retenu et financé par la DFG (Deutsche Forschungsgemeinschaft) et sous la direction de Evi Zemanek (Université Albert-Ludwig de Fribourg). Lors du congrès, il s’agira d’étudier le rapport entre la littérature et l’écologie selon une approche principalement interculturelle, intermédiale et interdisciplinaire.

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