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La crue, l'inondation : un patrimoine ? 30 mai 2015

Atelier - Journée d'études
Université de Limoges, 1er octobre 2015
Appel à contributions, à soumettre avant le 30 mai 2015
(english version below)

La crue, l'inondation : un patrimoine ?
Cet atelier vise à explorer lespossibilités de considérer les inondations et les crues comme une forme de patrimoine. Plusieurs projets et publications ont suggéré des liens entre un cours d’eau et son patrimoine mais il est souhaitable d’envisager plus directement pourquoi et comment parler de l’inondation ou de la crue en tant que patrimoine. Quels apports intellectuels sont produits en considérantl’inondation comme patrimoine ?Quels sont les dangers possibles si ce lien est envisagé ?Pourquoi des formes de patrimonialisation sont-elles plus présentes ici que là ?Quelques déclinaisons de notre postulat de recherche visant à considérer les inondations comme des patrimoines ou des « initiatrices » de patrimoines sont proposées ci-dessous.

- L’inondation peut être considérée commeun patrimoine social dont l’héritage est à transmettre afin de mieux préparer les riverains pour la prochaine crue. Le temporaire, l’évènement qui n’est pas permanent dans sa matérialité (l’eau se retire d’un espace après la crue), reste dans les mémoires. Quelles clés de lecture « pratiques » sont fournies pour favoriser une meilleure culture du risque en considérant l’inondation comme un patrimoine ?

- L’inondation pourrait également être à la source d’une identité qui définit un groupe ayant vécu un épisode marquant. Elle crée donc des formes d’inclusion et aussi d’inégalités et d’exclusion. L’inondation, si elle peut être néfaste, fait partie de l’héritage d’un groupe et pourrait donc être à interroger en ce sens en termes de patrimoine.

- Plusieurs représentations des inondations existent dont l’héritage est sauvegardé. Pensons par exemple aux cartes postales ou à des peintures qui sont autant de patrimoines. Ces représentations peuvent être tantôt appréciées ou dépréciées et représentent chacune à sa façon le débordement d’un cours d’eau dans des paysages. Comment ces inondations sont-elles représentées et comment les sensibilités actuelles en sont affectées ?

- Nombre de repères de crue ont été apposés sur des parois pour faire état de la hauteur de l’eau maximale atteinte. C’est également aux organismes publics qu’il revient de placer des marqueurs aujourd’hui pour participer de la « culture du risque ». On peut ici examiner comment ces repères figurent dans la conscience et l'imaginaire des gens qui vivent ou qui visitent ces lieux. Comment l’inondation est-elle rappelée selon les lieux, les cours d’eau, les bassins versants ? Comment des marqueurs affectent-ils la mémoire des gens? Pourquoi certains sont entretenus et maintenus et d'autres pas? La mémoire de l’inondation est-elle figée, voire contrôlée par un patrimoine ?

- L’inondation est également contrainte par le patrimoine bâti.Plusieurs ouvrages de protection existent pour tenter de limiter le débordement des eaux. Si le rôle des barrages écrêteurs de crues est souvent discuté, il est manifeste que certains ouvrages peuvent aider à limiter les crues, et donc les inondations potentielles. Les barrages mais également les digues ou d’autres aménagementsparticipent-ils de la patrimonialisation de l’inondation ? Comment ces infrastructures influencent-elles la manière dont les gens pensent aux inondations, et notamment leur mémoire de l’évènement ?

- Grâce à ses fonctions hydro-morphologiques et écologiques, l’inondation peut être enfin considérée comme un patrimoine naturel qui aide à promouvoir l’équilibre et la résilience des hydro-systèmes. De plus, grâce à ses apports limoneux, l’inondation peut laisser un héritage important aux terres qu’elle va alimenter. J.P. Bravard écrit ainsi que l’artificialisation des cours d’eau tend à diminuer dans les politiques de gestion, ce qui amène à considérer que « les extrêmes, en particulier les crues, sont indispensables au maintien de nombreux équilibres. Elles ont donc un valeur de ressources patrimoniales ».

Cet atelier s’inscrit dans le cadre de la Chaire Capital environnemental et gestion durable des cours d’eau, au sein du laboratoire GEOLAB UMR 6042 (http://recherche.flsh.unilim.fr/geolab/2013/12/13/chaire-capital-environnemental-et-la-gestion-durable-des-cours-deau/). Les quelques pistes esquissées ci-dessus vous invitent à proposer votre regard sur la question. Contactez-nous par email avant le 30 mai 2015 en précisant en une page comment vous entendez interroger les liens entre le patrimoine et l’inondation. Les propositions de différentes disciplines sont les bienvenues, en français ou en anglais (une traduction simultanée lors de la journée est prévue). Nous les examinerons et vous recontacterons avant le 30 juin 2015 pour vous indiquer si votre proposition a été retenue. Les frais de déplacement et d’hébergement seront pris en charge. Une publication est prévue.

Contacts :

Jamie Linton, responsable de la chaire : james.linton@unilim.fr
Alexis Metzger, post-doctorant : alexis.metzger@unilim.fr


Workshop – Day of Study

Floods as Heritage: the heritage value of floods

University of Limoges (France), October 1, 2015

Call for proposals

This workshop will explore the possibilities of considering floods as heritage. Floods are usually considered as destructive forces, but here we wish to focus on their creative aspect. There has been considerable work on the heritage value of rivers, but we want to explore the potential of considering floods themselves as heritage. What is the intellectual and practical potential of making this connection? What are the possible dangers involved? How and why does the process of remembering floods differ in different places and among different people? How can the memory of floods be considered a creative process?

Dimensions of our research premise to consider floods as heritage, or “provocateurs” of heritage, are proposed below:

Flooding can be considered as a kind of heritage whose legacy is to transmit preparedness for the next flood. The temporary - the event that is impermanent in its materiality - is nevertheless remembered.  What practical insights and tools to promote cultures of risk might be gained by considering floods in this way?

Floods can also create identity, as in defining the group-experience of a hydrological episode. A flood may therefore create forms of inclusion, but also forms of inequality and exclusion. How might this aspect of the legacy of floods be explored?

Many representations of historical floods exist to establish, or preserve, their legacy. Consider, for example, the numerous postcards, paintings and photographs of floods, which themselves form a kind of heritage. How are these representations interpreted variously by different people in different places and times? Whatistheireffect?

Numerous flood-markers have been placed on bridges, piers, buildings and other forms of material heritage to recall historical water levels. It is often the responsibility of public agencies to place such markers to help promote a “culture of risk”. Here, we may ask how these markers figure in the conscience and the imaginary of people living or visiting such places. How do they affect peoples’ memory? Why are some markers well maintained, while others are left untended?

While floods may damage some forms of built heritage, others forms of built heritage, such as dams, dikes and embankments, are intended to control or mitigate floods. How do these structures affect peoples’ memory, or awareness, of floods?  How do theyparticipate in the commemoration of flooding?

Due to their hydro-morphological and ecological functions, flooding is now considered a kind of natural heritage that helps promote the resilience of hydro-systems. Furthermore, thanks to the deposition of sediments, flooding can leave an important legacy to the land it inundates. J.P. Bravard has described current policy trends in river management in terms of restoring such functions, noting “hydrological extremes, especially floods, are essential for maintaining various forms of equilibrium and therefore have a value as heritage resources.” What advantages can be gained from thinking of floods as heritage resources in this way?

This workshop is part of a series of projects undertaken by the research chair, “Environmental Capital and Sustainable Management of Rivers”, based at the research unit GEOLAB at the University of Limoges (France). (http://recherche.flsh.unilim.fr/geolab/2013/12/13/chaire-capital-environnemental-et-la-gestion-durable-des-cours-deau/) We invite you to contact us by email before May 30, 2015, proposing in one page, how you would investigate the links between heritage and flooding. Proposals from all disciplines are welcome. We equally welcome contributions from people involved in various aspects of water and flood management and administration.

We will review the proposals and get back to you by June 30, 2015 to tell you whether your proposal has been accepted. Intercontinental travel expenses (to a ceiling of 600€) and accommodation will be covered. A publication (either an edited collection or special issue of a journal) is planned.

Contacts:

Jamie Linton, Chairholder: james.linton@unilim.fr ; jamie.linton@queensu.ca

Alexis Metzger, post-doctoral researcher: alexis.metzger@unilim.fr
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