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Appels à communication 15 octobre 2014

13ème Congrès National de Science politique, Congrès AFSP 2015.
Section Thématique 35: Pour une sociologie politique de l'énergie: approches théoriques et nouveaux enjeux.
Dirigé par : Aurélien 
Evrard,
 (Université 
Sorbonne 
Nouvelle
–
Paris
 III,
 ICEE. Contact: aurelien.evrard@univ-paris3.fr)
 et Sezin
Topçu
 (EHESS,
Institut
 Marcel
 Mauss. Contact: sezin.topcu@ehess.fr )
.

Appels à communication

Les
 questions
 énergétiques
 occupent
 depuis
 longtemps
 les
 agendas
 politiques
 gouvernementaux
 et
 internationaux,
 mais
 leur
 constitution
 en
 objet
 de
 recherches
 en
 sciences
 sociales
 est
 un
 phénomène
 très
 récent.
 De
 manière
 générale,
 l’énergie
 est
 longtemps
 apparue
 comme
 un
 thème
 réservé
 à
 deux
 champs
 académiques,
 celui
 des
 sciences
 dures
 et
 des
 économistes,
 conduisant
 ainsi
 à
 une
 approche
 essentiellement
 technico‐économique 
des
 dynamiques
 à
 l’œuvre.



Cette
 situation
 n’est
 pas
 seulement
 le
 résultat
 d’une
 volonté
 hégémonique
 des
 autres
 disciplines,
 mais
 aussi
 d’un
 relatif
 manque
 d’intérêt
 des
 politistes
 ou
 des
 sociologues
 vis‐à‐vis
 des
 questions
 énergétiques,
sauf 
pour 
des 
questions 
trop 
brûlantes,
 et 
hormis 
les 
cas 
de 
forte 
institutionnalisation
 des
 sciences 
sociales 
au 
service 
des 
entreprises.


Un
 constat
 est
 particulièrement
 frappant
 à
 propos
 des
 recherches
 conduites
 sur
 les
 questions
 énergétiques,
 en 
particulier 
dans 
le 
contexte 
national
: 
c’est
 le 
biais 
très 
important 
sur 
le 
nucléaire.
Les
 mouvements
 antinucléaires
 ont
 été
 largement
 étudiés,
 «
à
 chaud
»,
 contribuant
 à
 forger
 des
 notions
 telles
 que
 les
 «
structures
 d’opportunités
 politiques
».
 Les
 travaux
 sur
 les
 politiques
 nucléaires
 ont
 également 
permis 
d’interroger 
les 
différentes 
formes 
d’intervention
 de 
l’Etat, 
la
 monopolisation 
et/ou 
la
 contestation
 de
 l’expertise
 légitime,
 la
 mise
 en
 politique
 des
 problèmes
 publics
 ou
 encore
 l’impact
 des
 représentations
 collectives
 sur
 les
 choix
 techniques.
 Par
 la
 diversité
 des
 enjeux
 qu’elles
 soulèvent,
 les
 questions 
nucléaires 
continuent
 de 
susciter 
nombre 
de 
recherches, 
notamment 
avec 
la 
relance 
du
 débat
 suite 
à 
l’accident 
de 
Fukushima.



Cependant,
 les
 enjeux
 empiriques
 se
 sont
 largement
 diversifiés
:
 l’adaptation
 des
 politiques
 énergétiques
aux
contraintes
climatiques,
les
alertes
relatives
au
«
pic
de
Hubbert
»,
l’«
impératif
»
de
la
 transition
 (énergétique
 et
 écologique),
 le
 développement
 du
 marché
 des
 énergies
 renouvelables,
 les
 controverses
 autour
 de
 l’exploitation
 des
 gaz
 de
 schiste
 ou
 des
 déchets
 radioactifs,
 les
 conflits
 autour
 de
 barrages
 hydro‐électriques
 ou
 de
 parcs
 solaires
 ou
 d’éoliennes,
 les
 tensions
 géopolitiques
 liées
 à
 l’extraction
 de
 l’uranium
 ou
 des
 hydrocarbures,
 la
 monétarisation
 de
 la
 nature
 et
 de
 l’environnement
 dans 
le 
cas 
des 
marées 
noires,
etc. 
Ce 
renouvellement
 des 
approches 
et 
des 
terrains 
d’étude 
permet
 de
 contribuer
 à 
des 
débats 
majeurs 
en 
sociologie 
et 
science
politique 
qu’il 
est 
possible 
de
 regrouper 
autour
 d’un
 enjeu
:
 la
 mise
 en
 politique(s)
 de
 l’énergie.
 Le
 terme
 peut,
 au
 moins,
 revêtir
 deux
 significations
 selon
 une 
interprétation 
classique
 du 
terme
«
politique(s)
».

La
 première 
consiste 
à 
inscrire 
l’énergie 
dans
 les
«
politics
». 
Il 
s’agit 
ici 
d’interroger
 (i)
 les
 ressources 
et
 répertoires 
des 
mobilisations 
collectives 
et 
des 
acteurs 
industriels 
en 
matière 
d’énergie 
et 
leur 
capacité 
 à
 orienter 
les 
controverses 
et 
débats, 
(ii) 
les 
stratégies 
menées 
par 
les 
industriels 
et 
les 
acteurs 
d’action
 collective,
 en
 vue
 d’influer
 sur
 les
 décisions
 politiques,
 (iii)
 les
 relations
 de
 pouvoir
 constituées
 et
 renouvelées à 
partir 
d’une 
(ré)organisation
 des
 expertises 
et 
compétences, 
(iv) 
ainsi 
que 
la 
dynamique,
 plus
 générale, 
de 
constitution
 des 
questions 
énergétiques 
en
 un 
problème 
public 
dans 
l’arène
 partisane,
 syndicale, 
gouvernementale 
ou 
supranationale.


La
 seconde
 perspective 
s’intéresse 
davantage 
aux
«
policies
». 
Elle 
consiste 
à 
analyser, 
par 
le 
prisme
 des
 questions
 énergétiques,
 un
 certain
 nombre
 de
 recompositions
 de
 l’action
 publique.
 L’énergie
 ayant
 longtemps
 été
 marquée
 par
 un
 fort
 interventionnisme
 public
 (entreprises
 nationalisées,
 régies
 publiques),
 de
 modes
 d’organisation
 monopolistiques
 ou
 de
 politiques
 publiques
 technocratiques,
 cela
 fait
d’elle 
un 
objet 
particulièrement 
stimulant 
pour 
étudier 
des 
dynamiques
 telles 
que 
l’européanisation,
 la 
territorialisation, 
la 
libéralisation 
ou 
le 
tournant 
participatif, 
pour 
n’en 
citer 
que 
quelques 
unes.


Les
 propositions
 de
 communication,
 combinant
 des
 recherches
 empiriques
 et
 des
 questionnements
 théoriques,

 s’inscriront 
dans 
l’un
 ou 
l’autre 
de 
ces 
axes, 
voire 
dans 
les 
deux
 à
 la 
fois,
étant
 donné
 qu’ils
 sont
 bien
 souvent
 enchevêtrés.
 Les
 recherches
 adoptant
 une
 perspective
 comparative
 en
 vue
 d’analyses
multi‐échelles
 (locale,
nationale,
supranationale),
multi‐arènes 
ou
 transversales
(centrées
sur
 différents
dossiers),
seront 
privilégiées.


Date limite d’envoi des propositions : 15 octobre 2014
Envoi
 des
 propositions 
par 
email 
aux
 deux 
responsables 
de
 la 
ST

Voir Section Thématique 35  ci-contre dans le livret:
http://www.afsp.msh-paris.fr/activite/2015/appels66st2015.pdf
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