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Histoire environnementale
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Philosophie et éthique environnementales
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Sociologie de l'environnement
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Écocritique
6
Anthropologie de l'environnement
7
Théorie politique environnementale
8
Esthétiques environnementales

Anthropologie de l'environnement

Plusieurs courants en anthropologie se sont intéressés aux interactions entre les sociétés et leur environnement. Mais comment l’anthropologie, qui se consacre par définition à l’étude de l’homme, peut-elle intégrer la nature dans ses objets de recherche ?
    De l’écologie culturelle qui considère l’histoire de l’homme comme en continuité avec l’histoire de la nature, à l’ethno-écologie qui s’intéresse aux filtres culturels dans l’appropriation (matérielle et symbolique) d’une nature dont la réalité physique n’est pas remise en question (d’où le recours à l’interdisciplinarité avec les sciences de la nature), aux approches constructivistes qui se sont consacrées presque exclusivement aux discours sur la nature et à leur usage politique, le balayage (non exhaustif) de ces différents courants montre avant tout l’instabilité de la notion de nature en anthropologie.
    Les développements actuels de l’anthropologie ont laissé de côté le clivage stérile entre nature et culture. En effet, à partir des années 1980, les anthropologues se sont attachés à remettre en question l’universalité de la catégorie « nature ». La conception du monde qui oppose « nature » et « culture », au fondement de ce que Philippe Descola a nommé l’« ontologie naturaliste », apparaît alors historiquement et géographiquement située, circonscrite à la période moderne dans les sociétés occidentales. Bruno Latour a par ailleurs souligné la contradiction des sociétés modernes, qui perpétuent un discours sur le partage ontologique entre Nature et Culture, alors même qu’elles contribuent à la prolifération d’objets hybrides nature-culture.
    Ces résultats font peser un soupçon d’ethnocentrisme sur une anthropologie qui aurait placé sa focale sur l’étude de la « culture » dans des sociétés qui ne sont pas fondées sur ce grand partage. Pour éviter cet écueil, l’anthropologie doit se donner pour tâche d’étudier non pas l’anthropos, mais bien la collectivité des existants qui lui est liée. Ces perspectives ouvrent la voie à une longue série de travaux sur l’écologie des relations entre humains et non-humains ; ce faisant, elles offrent une actualité nouvelle à des traditions telles que la technologie culturelle (Haudricourt, Leroi-Gourhan) ou les approches phénoménologiques des mondes vécus, dont Tim Ingold est une figure majeure.
    L’anthropologie de l’environnement n’est pas un champ unifié en France. Tout au plus, il existe des anthropologues qui s’intéressent à un objet diversement qualifié de « milieu », « monde vécu », « environnement », « écologie », et qui mobilisent et alimentent ces courants et questionnements.
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