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Les mythes environnementaux de la colonisation 2 février 2012

Les mythes environnementaux de la colonisation française au Maghreb, trad. de l'angl. par Grégory Quenet, Seyssel, Champs Vallon, 2012.

Les mythes environnementaux de la colonisation
Docteur en médecine vétérinaire et en philosophie de la géographie, Diana Davis est professeure associée au département d’histoire de l’Université de Californie à Davis. La thèse de ce livre publié chez Champs Vallon est forte. L’auteur y décrypte la façon dont la colonisation française de l'Afrique du nord, portée par un complexe unissant colons, politiques, administrateurs et savants, a donné naissance à un grand récit du changement environnemental qui s'est révélé une arme aussi efficace que les lois et  les rapports de force économique pour déposséder les indigènes algériens de leurs terres.
Publié ici : http://www.champ-vallon.com/Pages/Pages%20Environnement/Davis.html

Développement durable & territoires : lectures

Diana K. Davis propose dans cet ouvrage une histoire environnementale de la colonisation française au Maghreb. Pour le moins ambitieuse, l’entreprise est réussie. Fidèle à la tradition des thèses de doctorat anglo-saxonne, l’auteur nous livre les clés de l’intrigue dès son premier chapitre. Jusqu’en 1830, apprend-on, les Européens en général et les Français en particulier voient en Afrique du Nord un environnement fertile dégradé, depuis plusieurs siècles, par des techniques primitives et des autochtones paresseux. Une fois la conquête réalisée, l’administration française parfait ce « récit décliniste » (p. 16). Considérant que les invasions arabes du XIe siècle ont mis fin à l’abondance qui prévalait aux époques romaine et berbère, elle se doit de rétablir et de préserver cet Éden menacé de disparaître à jamais. Les représentations et les objectifs des colons, des scientifiques et des fonctionnaires français l’emportent rapidement sur la réalité matérielle de l’environnement maghrébin. Face à une « écologie résiliente » (p. 31) née de l’interaction entre un milieu semi-aride adapté à l’agro-pastoralisme et des populations sédentaires et nomades capables de manipuler les subtilités de l’écologie locale, le récit décliniste donne à voir et à croire en une colonisation légitime, voire nécessaire.
Suite de l’article : http://developpementdurable.revues.org/9851