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Gouverner le vivant 9 janvier 2015

Programme année 2014-2015

Gouverner le vivant
Séance 1: vendredi 28 novembre, 11h-13h
Lieu : Engref, amphi 7, 19 avenue du Maine (M° Gare Montparnasse)

La résilience : science et politique

Intervenant:
- Romain Felli (Université de Genève)
Discutants:
- Raphaël Mathevet (CNRS-CEFE, Université de Montpellier) et François Bousquet (CIRAD)

La résilience des systèmes socio-écologiques s'est récemment imposée dans les réflexions sur le développement durable comme façon d'appréhender et de composer avec les bouleversements de l'environnement global. La diffusion de cette notion suscite des débats, certains pointant sa portée heuristique et  y voyant l'amorce d'un changement de paradigme, d'autres le cheval de Troie d'un projet de modernisation écologique. Procède-t-elle d'une apologie de la flexibilité et de l'adaptation dans une veine néolibérale, justifiant la poursuite de l'accumulation du capital et d'objectifs de croissance économique, et disqualifiant les discours de rupture? L'objet de cette séance est de contribuer à éclairer les termes du débat.

MATHEVET, Raphaël, BOUSQUET, François, 2014. Résilience et environnement. Penser les changements sociologiques, Buchet Chastel, collection Ecologie.


Séance 2 : vendredi 9 janvier, 10h30-12h30.
Lieu: ISCC, 20 Rue Berbier du Mets, 75013 Paris, (M°Gobelins)

Redynamiser le vin : la viticulture biodynamique comme alternative radicale 

Intervenants :
- Marie France Garcia Parpet (INRA/STEPE)
- Geneviève Teil (INRA/SAD)
Discutants:
- Jean Foyer (CNRS), Elise Demeulenaere (CNRS) et Denis Chartier (Université d’Orléans/MNHN)

Alors que l’utilisation intensive de produit phytosanitaire dans la vigne est de plus en plus présentée comme un problème de santé publique et écorne la vision d’un produit qui revendique son authenticité, la viticulture biodynamique se pose en alternative radicale aux modes de production conventionnels. Cette pratique marginale mais néanmoins en plein développement dépasse largement la question de l’écologisation des pratiques viticoles. Elle s’appuie tout d’abord sur un corpus de savoirs-pratiques revalidant des savoirs pré-modernes. Elle peut également renvoyer aussi bien à des stratégies de distinction commerciale qu’à des modes de relation différents à la nature. Ce sont ces combinaisons originales de rationalités idéologiques, environnementales et commerciales que l’on veut explorer dans cette séance. 


Séance 3: Vendredi 30 Janvier, 10h30-12h30.
Lieu : ISCC, 20 Rue Berbier du Mets, 75013 Paris, (M°Gobelins)

La propriété comme faisceau de droits et la question des Communs environnementaux globaux ?

Intervenants :
- Fabienne Orsi (économiste, IRD)
- Fabien Girard (juriste, université de Grenoble)
Discutant :
- Fabien Locher (CNRS)

Les travaux de ElinorOstrom et de l’école de Bloomington ont considérablement renouvelé l’approche standard de la propriété (privé et exclusive) en redonnant toute leur importance aux formes de propriété collective. Fabienne Orsi viendra présenter les racines de ce renouvellement à partir des travaux de John Commons et la notion de faisceau de droits pour en dégager la nouvelle économie politique de la propriété qui pourrait en surgir, point relativement aveugle des travaux de ElinorOstrom. Fabien Girard examinera la possibilité de transcrire l’approche de la propriété comme faisceau de droits née dans une tradition juridique de commonlaw à la question des régimes juridiques d’appropriation des innovations en biotechnologie végétale et d’accès aux ressources génétiques dans les traditions de droit civiliste, en s’interroger particulièrement sur la constitution d’une propriété inclusive (vs exclusive).
 

Séance 4 : vendredi 6 février, 10h30-12h30
Lieu: ISCC, 20 Rue Berbier du Mets, 75013 Paris, (M°Gobelins)

La nature de la biodiversité, autour du livre de Vincent Devictor

Intervenant :
- Vincent Devictor (CNRS-ISEM, Montpellier 2)
Discutants :
-  Luc Semal (Cesco, MNHN)
- Frédéric Jiguet (Cesco, MNHN)

La biodiversité est devenue en l’espace de 30 ans une notion centrale et féconde de l’écologie scientifique, une préoccupation politique internationale, et l'occasion de repenser notre rapport à la nature. Qu’est devenue aujourd’hui la notion de biodiversité ? Si la définition scientifique du terme paraît simple (l’ensemble de la diversité du vivant des gènes aux écosystèmes), les savoirs écologiques ont beaucoup progressé ces dernières années et l'ouvrage en propose une synthèse.  Le constat du déclin de cette biodiversité se fait également de plus en plus précis et pressant. Comprendre la biodiversité et ses enjeux, c'est enfin s'interroger sur les éthiques et les valeurs susceptibles de guider nos actions individuelles et collectives vis-à-vis de notre environnement.


Séance 5 : vendredi 6 mars, 10h30-12h30
Lieu: ISCC, 20 Rue Berbier du Mets, 75013 Paris, (M°Gobelins)

Mobiliser les sciences de gestion pour évaluer les politiques d'environnement : la biodiversité est-elle soluble dans la négociation ? Exemple de la lutte contre la déforestation.

Intervenante :
- Karine Belna, doctorante au CIRED.
Discutante :
- Vera Ehrenstein, doctorante au CSI et à l’University of London

En première lecture, lutter contre la déforestation permet de coupler les réponses aux enjeux de climat et de biodiversité. Cependant, lorsque l'on étend les politiques d'atténuation des changements climatiques au stockage de carbone, et donc potentiellement à la plantation d'essences à croissance rapide, les synergies peuvent disparaître. Le programme REDD+ a été pensé pour répondre à cet enjeu, mais est-il à même de conjointement réduire la déforestation tropicale et de conserver la biodiversité ? L'approche choisie pour aborder ces questions s'inscrit dans les sciences de gestion. Celles-ci permettent d'une part de prendre au sérieux l'objectif d'efficacité environnementale, et d'autre part d'analyser finement les négociations entre acteurs au sein de dispositifs de gestion environnementale : qui souhaite agir en faveur de l'environnement et quelles sont leurs marges de manoeuvre ?
Dans la mise en oeuvre des programmes internationaux de lutte contre la déforestation, de nombreux dispositifs d'évaluation sont sensés contrôler que les décisions prises contribuent bien à l'atteinte des objectifs. Ces évaluations sont-elles réellement efficaces, c'est à dire contribuent-elles réellement à accroître l'impact environnemental du programme conjointement en terme de climat et de biodiversité ? Dans le cas qui sera présenté, les analysent montrent que d'un processus rationnel pour atteindre des objectifs donnés, l'évaluation glisse progressivement vers un processus politique négocié où les objectifs procéduraux viennent supplanter les objectifs substantiels.


Séance 6 : vendredi 13 mars, 10h30-12h30 
Lieu: ISCC, 20 Rue Berbier du Mets, 75013 Paris, (M°Gobelins)

Cueilleurs et activité de cueillette commerciale de plantes aromatiques et médicinales en France face à la normalisation et la certification

Intervenantes :
- Claire Julliand, IGD, Université de Lausanne
- RaphaëleGarreta, Chargée de mission à l'ethnologie au Conservatoire botanique national de Midi-Pyrénées.
Discutantes :
- Valérie Boisvert (Université de Lausanne).


Les discours autour de la valeur économique de la biodiversité et des promesses d’innovations liées aux ingrédients naturels en relation avec la Convention sur la diversité biologique étaient perçus comme s'appliquant essentiellement aux ressources des pays tropicaux. L’application du Protocole de Nagoya dans le contexte européen a permis de dévoiler aux institutions publiques chargées des questions environnementales et agricoles que la flore sauvage métropolitaine représentait un intérêt économique. Ainsi les activités de cueillette commerciale de plantes aromatiques et médicinales, jusqu'alors peu visibles et peu encadrées par le droit suscitent un intérêt nouveau et font l'objet de tentatives de régulation. Les cueilleurs professionnels, dont le métier n'est pas officiellement reconnu voient les conditions d'exercice de leur activité rapidement évoluer.
Cette séance aura pour objet de rendre compte des conflits de représentations et d’objectifs qui s’opèrent aujourd'hui autour de la question de la nature et de sa conservation en relation avec la cueillette commerciale de plantes aromatiques et médicinales en France.

GARETTA, Raphaële, 2006. Des simples à l’essentiel. De l’herboristerie à l’aromathérapie, pratiques et représentations des plantes médicinales, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, coll. « Les Anthropologiques », 368 p.


Séance 7 : vendredi 27 mars, 10h30-12h30
Lieu : MNHN, 45 rue Buffon, 75003 Paris, salle d'entomologie, rez-de-chaussée, première porte à droite (M° Gare d’Austerlitz).
La séance sera enanglais.

La vie politique du fromage aux Etats-Unis – industrialisation, normes sanitaires et alternatives post-pasteuriennes

Intervenant :
- Heather Paxson (Anthropologue, Prof. au MIT)
Discutantes :
- Christine de Sainte Marie(INRA/AgroParisTech, UMR SAD-APT)
- Elise Demeulenaere (CNRS, MNHN).

Heather Paxson a étudié la renaissance des fromages au lait cru aux Etats-Unis. Son travail ethnographique auprès de fromagers, affineurs, consommateurs, l'a amenée à reconstituer l'histoire politique récente du fromage aux Etats-Unis, plus particulièrement de sa microbiodiversité. Dans son livre The Life of Cheese, elle aborde entre autres thèmes:
- Comment le paradigme pasteurien a accompagné l’industrialisation de la production des fromages, et a imprégné les normes réglementaires qui encadrent depuis 60 ans leur commercialisation ;
- Comment la classification sur laquelle reposent les normes sanitaires (fromage au lait pasteurisé vs. fromage au lait cru), imprègne les pratiques et les représentations des acteurs, et polarise le débat sur la sécurité sanitaire des fromages ;
- Comment la remise en question de la nourriture industrielle conduit à l’émergence d’un mouvement post-pasteurien, dans lequel les microbes sont revendiqués comme des alliés des hommes.
Le fromage, parce qu'il est un produit vivant ("unfinishedcommodity"), illustre mieux que tout autre produit, les tensions qui traversent actuellement le monde agricole, entre modernisation industrielle et intégration des processus écologiques.


PAXSON, H. 2008. Post-Pasteurian Cultures: The Microbiopolitics of Raw-Milk Cheese in the United States. Cultural Anthropology23, 15–47.
PAXSON, H. 2012. The Life of Cheese. Crafting Food and Value in America. CaliforniaStudies in Food and Culture.
https://www.youtube.com/watch?v=Se_VJHlZVj0&feature=share


Séance 8 : vendredi 3 avril, 10h30 à 12h30
Lieu : MNHN, 45 rue Buffon, 75003 Paris, salle d'entomologie, rez-de-chaussée, première porte à droite (M° Gare d’Austerlitz).
La séance sera enanglais.

Databasing society, the resultingpolity

Intervenant :
- Geoffrey Bowker (Professor and Director of EVokeLaboratory, Dept of Informatics, School of Information and Computer Science, University of Californiaat Irvine)
Discutants:
- Dominique Boullier(Co-dir. Medialab, Sciences Po)
- Rigas Arvanitis (IRD- CEPED et Dir. IFRIS)

"This paperdevelops the concept of the 'data citizen' in the context of the quantified self movement.  I look at the ways in whichfrominceptionthroughdeathour 'selves' are existing in a complex world of data.  Drawing an analogywith the move in genomicsfromdefining the individual as more thanjust the sum total of the genetic information  to lookingat the metagenome and the exposome, I discuss the distribution of our selves through the dataverse.”


Séance 9 : vendredi 10 avril, 10h30-12h30.
Lieu : MNHN, 45 rue Buffon, 75003 Paris, salle d'entomologie, rez-de-chaussée, première porte à droite (M° Gare d’Austerlitz).

L’horizon des biotechnologies et de la biosécurité : nouveaux OGM, nouvelles techniques de manipulations du vivant  

Intervenants :
- Eric Meunier (Inf’OGM)
- Frédéric Thomas (Paloc IRD)

Alors que les débats sur les OGM semblent s’être polarisés autour d’argumentaires désormais bien stabilisés, les biotechnologies continuent d’évoluer dans les laboratoires et les entreprises.  Ainsi, la première génération de plante génétiquement modifiée et leurs caractères transférés (résistance aux  herbicides ou insecticides) semblent déjà appartenir au passé.  Cette séance se propose de faire un état des lieux sur les nouvelles générations d’OGM (empilement de gènes, résistance à la sécheresse,…) et les autres techniques de manipulation du vivant utilisées (mutagénèse dirigée, cisgénèse,…). Au-delà de ce panorama, nous proposons de revenir sur les différents enjeux que ces nouvelles techniques posent en termes de régulation, de biosécurité et de capacité de mobilisation pour la société civile.


Séance 10 : Jeudi 7 mai 10h30-12h30.
Lieu : MNHN, 3 rue Buffon, 75003 Paris, Amphithéâtre de paléontologie, Hall de la gaelrie de paléontologie (M° Gare d’Austerlitz).
 La séance sera en langue anglaise.

Plus productif, plus pur, moins diversifié. Une anthropologie historique du modernisme génétique du XXe siècle

Intervenants :
- TiagoSaraiva(professeur à la DrexelUniversity, Philadelphie, USA).
- Jozef Visser (chercheur honoraire à l'Université de Wageningen, Pays-Bas).

Discutant :
- Christophe Bonneuil (Centre Koyré, Cnrs)

De Vavilov aux révolutions vertes, des lignées pures de Johannsen au soja round-upready, de la loi Nazie de 1934 sur les semences à la quête de la vache moderne sous la Ve République, le XXe siècle aura été marqué par un vaste mouvement de "modernisation" de l'agriculture basé sur la standardisation et l'optimisation du vivant selon des logiques de rationalisation industrielle (pureté, standardisation, division du travail, substitution d'énergie fossile au travail et au vivant, économie d'échelle, propriété intellectuelle) pour lesquelles la biodiversité agricole était un obstacle à la production moderne. A l'heure de la reconnaissance des services écosystémiques rendus par l'agrobiodiversité, mais aussi de persistance des logiques de standardisation, il est utile de prendre un recul sur ce que fut le modernisme génétique du XXe siècle.

TiagoSaraiva travaille depuis dix ans sur recherches et les politiques agricoles et alimentaires menées par les généticiens dans trois régimes fascistes (Allemagne nazie, Italie Mussolinienne, Portugal). Son livre à paraître, FascistPigs: Genetics, IndustrializedOrganisms, and the Building of Fascism, explore la place centrale de l'industrialisation du vivant dans l'histoire du fascisme.
Jozef Visser est auteur de Down to Earth. A historical-sociologicalanalysis of the rise and fall of 'industrial' agriculture and of the prospects for the re-rooting of agriculture from the factory to the local farmer and ecology (2010). Ses recherches explorent la diversité des voies de recherche sur le vivant et les sols qui ont été marginalisées par le modèle "engrais de synthèse-génétique moderne".


Séance 11 : vendredi 22 mai, 10h30-12h30
Lieu : MNHN, 3 rue Buffon, 75003 Paris, Amphithéâtre de paléontologie, Hall de la gaelrie de paléontologie (M° Gare d’Austerlitz).
La séance sera en partie en anglais. 

Researching the international Handbook of PoliticalEcology

Intervenant :
- Raymond L. Bryant  (Professeur de Policialecology au King’sCollege de Londres.
Discutant :
- Denis Chartier (MNHN-Université d’Orléans)

Cette séance s’organisera autour de l’ouvrage  Handbook of PoliticalEcology (Edited by Raymond L. Bryant* and Soyeun Kim, Cheltenham, UK & Northampton MA, USA: Edward Elgar, à paraîttre en 2015). L’ouvrage a été conçu pour permettre un dialogue entre les chercheurs et les acteurs de l’écologie politique du monde entier souvent déconnectés les uns des autres pour causes de différences historiques, culturelles ou linguistiques. A travers une présentation des problèmes et questions rencontrées pour construire cet ouvrage (prise en compte de traditions de l’écologie politique académiques ou non, problèmes de définitions de l’écologie politique à adopter face à un champ si hétérogène,  etc.), nous nous intéresserons plus spécifiquement aux conditions d’émergence d’écologies politiques à la fois globalisées et situées. On abordera aussi les questions de production scientifiques dans le champ de l’écologie politique dans un monde scientifique dominé par l’anglais.

R.    Bryant est l’auteur, entre autre de l’ouvrage Third World PoliticalEcology (with S. Bailey, Routledge, 1997), PoliticalEcology of Forestry in Burma (University of Hawaii Press, 1997), Nongovernmental Organisations in EnvironmentalStruggles (Yale UniversityPress, 2005), and PoliticalEcology of Depopulation (with A. Paniagua, T. Kizos, CEDDAR, 2012).



Séance 12 : vendredi 29 mai, 10h30-12h30.
Lieu : MNHN, 45 rue Buffon, 75003 Paris, salle d'entomologie, rez-de-chaussée, première porte à droite (M° Gare d’Austerlitz).

Sortir du constructivisme pour penser l’environnement ?

Intervenant :
- Bruno Villalba (politiste, AgroParisTech)
Discutant :
- Pierre Charbonnier (philosophe, CNRS-EHESS)

La matérialité de la crise écologique questionne les paradigmes constructivistes des sciences humaines et sociales, qui privilégient traditionnellement l’analyse des représentations de la nature et de l’environnement. Depuis les années 1970, plusieurs courants des SHS ont initié une remise en cause de l’étanchéité entre sciences sociales et sciences de la vie, en faisant de l’environnement un élément majeur de renouvellement épistémologique – l’éthique environnementale, l’histoire environnementale, l’économie écologique, la sociologie environnementale, la politicalecology, etc. Mais jusqu’où prendre en compte la matérialité écologique dans les études en SHS, et comment penser l’impact d’une telle approche dans l’analyse des processus politiques ? À partir d’une relecture des propositions philosophiques de Günther Anders sur la matérialité de la bombe atomique, cette séance propose des pistes pour une approche matérialiste de la crise écologique et de ses implications pour les logiques démocratiques.


Séance 13 : vendredi 12 juin, 10h30-12h30.
Lieu : MNHN, 45 rue Buffon, 75003 Paris, salle d'entomologie, rez-de-chaussée, première porte à droite (M° Gare d’Austerlitz).

L’écologie-monde : une histoire environnementale du capitalisme

Intervenant:
- Jason Moore (Fernand Braudel Center / University of Binghamton) sur la base de son livre à paraître au printemps 2015, Capitalism in the Web of Life (Verso Books).
Discutant :      
- Christophe Bonneuil (CNRS / Centre Alexandre Koyré)co-auteur de L'événement Anthropocène. La Terre l'histoire et nous, Paris, Seuil, 2013.

Le nouvel ouvrage de Jason Moore, Capitalism in the Web of Life, se donne pour ambition d’inscrire les questions environnementales dans une histoire du capitalisme inspirée de l’école du système-monde, c’est-à-dire d’une approche de la longue durée qui fusionne Braudel et Marx (Arrighi, Wallerstein, Amin, Frank). Remontant aux origines du capitalisme à la fin du Moyen-Age, Moore met la question de l’exploitation de la nature au centre de son récit en privilégiant une lecture résolument non-dualiste, où il n’est pas question de la nature comme ressource mais de la nature comme matrice. Pour mieux saisir cette imbrication capital/nature, Moore développe une série de nouveaux concepts, comme la « nature abstraite », le « surplus écologique », et pour contrer la notion d’anthropocène, la notion de « capitalocène ». Cette séance sera l’occasion de s’interroger sur la façon dont il est possible de discuter des réorganisations des relations entre humains et non-humains dès les débuts du capitalisme; comment, en d’autres termes, penser le développement non pas du “capitalisme et de la nature”, mais du “capitalisme-dans-la-nature”.


Voir ici : http://glv.hypotheses.org/
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