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Appel à communication « Représentations de la nature à l’Age de l’Anthropocène » 9 juillet 2017

Colloque international organisé par l’Université Jean Moulin (Lyon 3) et l’Institut d’Études Transtextuelles et Transculturelles (IETT), 22 et 23 mars 2018 


Appel à communication « Représentations de la nature à l’Age de l’Anthropocène »
Les propositions de communication (environ 300 à 400 mots) sont à envoyer avec une brève notice biographique avant le 15 septembre 2018, à Jean-Daniel Collomb (jean- daniel.collomb@univ-lyon3.fr) et Pierre-Antoine Pellerin (pierre-antoine.pellerin@univ- lyon3.fr).


Ce colloque sera consacré au sort de l’idée de nature à l’âge de l’Anthropocène, du dérèglement climatique et de la bio-ingénierie. Les multiples bouleversements provoqués par « la guerre mondiale » de l’espèce humaine contre la nature (Michel Serres) ont contribué à réorienter le débat autour du sens de l’idée de nature (jusqu’à poser la question de son existence même). Il convient donc d’interroger cette idée à la lumière des défis environnementaux du XXIème siècle et des profonds bouleversements techniques, médicaux, génétiques et culturels que promet l’avenir proche.

Ce colloque aura une vocation transdisciplinaire et convoquera un large éventail d’angles analytiques (historique, artistique, littéraire, politique, esthétique, éthique...). Ainsi, il semble nécessaire d’analyser la façon dont les différents bouleversements évoqués ont transformé les représentations de la nature en littérature, en art et en cinéma et, réciproquement, comment ces représentations transforment à leur tour notre imaginaire et notre rapport à la nature. Aujourd’hui, pour parler d'une nature sans hommes, de nombreux écrivains et cinéastes ont recours au schème post-apocalyptique ou préhistorique qui témoigne du désir de raconter des histoires qui se déroulent avant ou après l'humanité. À ce titre, on peut se demander en quoi la fiction est un dispositif indispensable. D’autres cherchent à « ré-enchanter » le monde par le biais d’une poétique débarrassée de tout élan dominateur ou colonial, mais une telle entreprise ne risque-t-elle pas de re-sacraliser la nature, ce que l’on reproche souvent à une certaine tradition romantique ?

Nous invitons les participants à aborder les problématiques suivantes :

- Dialectique modernité/postmodernité : sommes nous en train d’assister à une sortie de la modernité ou à un approfondissement de celle-ci ?

-  Quelles restrictions éthiques convient-il d’appliquer à la recherche scientifique et à ses réalisations techniques, dans les domaines de la bio-ingénierie et de la géo- ingénierie par exemple ? 


-  Tension entre le discours des limites et l’utopie technicienne: le discours environnementaliste est-il une sorte de conservatisme ? 


-  Humanisme/transhumanisme/posthumanisme : question de l’humanité augmentée et de l’ « amélioration du vivant ». 


-  Désenchantement et ré-enchantement du monde : dans quelle mesure la nature doit- elle ou peut-elle encore être sacralisée (Dwellings of Enchantment: Writing and Re- enchanting the World, colloque de Perpignan organisé par Bénédicte Meillon, juin 2016)? 


-  Puisque la notion d’écocritique s’est à l’origine développée au sein d’une tradition essentiellement réaliste et ce afin de remettre la relation du texte au monde au cœur de l’épistémologie littéraire (contre l’idée qu’ « il n’y a pas de hors-texte » dans la déconstruction), quelle peut ou doit être la place de la fiction littéraire et cinématographique dans l’écocritique ? 


-  Est-il possible d’articuler une représentation de l'animal en tant qu'animal, vidée de toute projection symbolique ou allégorique ? La question de la représentation d’une 

« agentialité » (agency) animale peut-elle
l’anthropocentrisme de nombreuses
cinématographiques (fables, littérature de jeunesse, contes, dessins animés) ? Comment dire l’autre sans parler à sa place, comment le faire parler sans lui assigner un langage qui n’est pas le sien (Anne Simon) ?

-  Mise en scène des catastrophes environnementales au cinéma ainsi que leurs parodies : redéfinition du genre de la science fiction, passage d’une nature victime à une planète qui riposte. 


-  Remise en cause du projet cartésien de maîtrise de la nature dans de nombreux récits contemporains (récurrence et multiplication des récits de la décolonisation, formes d'anti-robinsonnades qui critiquent idéologie de l'homme blanc dominateur, maître et possesseur de la nature et de l' « autre »). 


-  Rôle de la littérature dans la prise de conscience environnementale : littérature d’un monde en sursis cherchant à provoquer un sursaut chez le lecteur. Se posent alors les questions de la compassion, de l’empathie, de la culpabilité et leurs limites. 


-  Art végétal, architecture et végétalisation, arts numériques et question de la nature. 


L'appel à communication est consultable dans son intégralité en suivant ce lien