Portail des Humanités Environnementales

Appel à communication 15 octobre 2014

13ème Congrès National de Science politique, Congrès AFSP 2015.
Section Thématique 26: Démocratie sans croissance: théories, institutions et pratiques.
Dirigée par : Mathilde Szuba (CETCOPRA, Paris 1 la Sorbonne. Contact: mathilde.szuba@sciencespo-lille.eu)  et Andrew Dobson (Create, Keele University, Royaume-Uni. Contact: a.n.h.dobson@keele.ac.uk).

Appel à communication
Cette
 Section
 thématique
 (ST)
 vise
 à
 relayer,
 dans
 le
 champ
 de
 la
 science
 politique,
 les
 interrogations
 soulevées
 par
 le
 récent
 regain
 des
 travaux
 menés
 en
 économie
 sur
 le
 thème
 de
 l’après‐ croissance.
 Divers
 ouvrages
 récents
 comme
 celui
 de
 l’économiste
 britannique
 Tim
 Jackson
 (Prospérité
 sans
croissance,
2010),
ou
 ceux
 en
 France
 de 
Jean 
Gadrey 
(Adieu
 à 
la 
croissance, 
2011) 
et 
Dominique 
Méda
 (La 
Mystique 
de
 la 
croissance,
2013),
ont 
témoigné 
de 
l’actualité 
de 
cette 
réflexion 
scientifique
 depuis 
la
 crise
 économique
 mondiale
 de
 2008
 d’une
 part,
 et
 d’autre
 part
 de
 l’assèchement
 des
 perspectives
 de
 conciliation
 entre
 impératifs
 environnementaux
 et
 économiques
 jusqu’alors
 promises
 par
 le
 développement
durable.


Si
 les 
économistes
 et 
notamment 
ceux
 issus 
du 
courant 
de
 l’économie 
écologique
–
se 
penchent
 sur
 ce
 que
 pourrait
 être
 un
 modèle
 macro‐économique
 post‐croissance,
 ils
 soulèvent
 par
 la
 même
 occasion
 de 
nombreuses
 questions 
quant
 aux
 organisations
 sociopolitiques 
qui 
pourraient 
ou
 devraient
 accompagner
 ce
 modèle.
 Historiquement,
 les
 démocraties
 modernes
 se
 sont
 affirmées
 dans
 un
 contexte
 de
 disponibilité
 énergétique
 et
 de
 croissance
 économique
 qui
 les
 a
 implicitement
 structurées
 (Mitchell,
 2013),
 en
 consolidant
 leur
 projet
 démocratique
 de
 développement
 (Rist,
 2013)
 et
 de
 progrès
 (Gras,
 2003).
 L’hypothèse
 d’un
 assèchement
 de
 la
 croissance,
 voire
 d’une
 forme
 de
 décroissance,
 interpelle
 donc
 fortement
 la
 communauté
 des
 chercheurs
 en
 sociologie
 et
 en
 science
 politiques
:
 que
 serait
 une
 «
démocratie
 sans 
croissance
»
?
 Ce 
n’est
 pas
 seulement
 l’imaginaire 
démocratique
 qui
 est 
ici
 interrogé,
 mais
 aussi
 l’organisation
 effective
 des
 systèmes
 démocratiques
 –
 dans
 la
 mesure
 où
 ces
 systèmes
 ne 
peuvent
 être 
réduits 
à 
de 
simples 
normes
 procédurales 
déclinables
 à
 l’identique 
dans 
tout
 contexte 
géographique,
 historique
 ou
 économique.


Pour 
aborder
 collectivement 
cette 
hypothèse 
de
 «
démocraties 
sans 
croissance
», 
cette 
ST
 propose
 de
 s’ancrer
 dans
 une
 approche
 de
 théorie
 politique
 environnementale
 (green
 political
 theory).
 Mais
 ce
 cadrage
 n’étant
 pas
 exclusif,
 les
 contributions
 issues
 d’autres
 courants
 disciplinaires
 seront
 aussi
 les
 bienvenues
:
 sociologie
 de
 l’action
 publique,
 sociologie
 des
 mobilisations,
 histoire
 des
 idées,
 économie
 politique,
 philosophie
politique,
 etc.
 Il 
s’agit,
en 
effet,
 d’initier 
un
 dialogue
 scientifique
 sur 
un
 objet
 non
 stabilisé,
 à
 la
 croisée
 de
 plusieurs
 disciplines,
 et
 représentant
 un
 certain
 défi
 méthodologique.
 Cette
 ST
 encourage 
donc 
les 
contributions 
ouvertes 
à 
l’interdisciplinarité, 
en 
français 
ou 
en 
anglais.


Les
 contributions
 particulièrement
 attendues
 pour
 cette
 ST
 s’articulent
 autour
 de
 trois
 axes,
 non
 exhaustifs
:


1) Théories
 démocratiques
 post‐croissance.
 La
 théorie
 politique
 environnementale
 a
 fait
 de
 la
 question
 des
 limites
 à
 la
 croissance
 un
 axe
 structurant
 de
 ses
 analyses
 depuis
 les
 années
 1990.
 L’hypothèse
 initiale
 selon
 laquelle
 les
 démocraties
 modernes
 seraient
 essentiellement
 inconciliables 
avec 
un
 arrêt 
de 
la 
croissance 
(Ophuls 
et 
Boyan,
1992)
 a
 depuis
 été 
relativisée
 par
 plusieurs
 travaux
 sur
 la
 délibération
 environnementale,
 la
 citoyenneté
 écologique
 ou
 la
 justice
 écologique.
 Il
 n’en
 reste
 pas
 moins
 des
 tensions
 récurrentes
 entre
 le
 procéduralisme
 démocratique
 d’une
 part,
 et
 le
 conséquentialisme
 écologique
 d’autre
 part
 (Goodin,
 1992).
 Les
 contributions
 pourront
 proposer
 des
 éléments
 d’explications
 et
 de
 clarifications
 théoriques
 pour
 identifier
 les
 chantiers
 conceptuels
 participant
 à
 cette
 conciliation.
 La
 question
 des
 temporalités
politiques
fera
l’objet
d’une
attention
particulière.


2) Institutions
 démocratiques
 post‐croissance.
 En
 suivant
 l’hypothèse
 que
 les
 problèmes
 écologiques
 présentaient
 des
 caractéristiques
 inédites
 que
 les
 institutions
 modernes
 ne
 sont
 pas
 spontanément
 disposées
 à
 saisir
 (globalité,
 irréversibilité,
 inertie,
 invisibilité,
 etc.),
 des
 propositions
 institutionnelles
 sophistiquées
 ont
 été
 émises
 dans
 le
 champ
 de
 la
 philosophie
 politique
 pour
 écologiser
 les
 démocraties
 (Bourg
 et
 Whiteside,
 2010).
 D’autres
 travaux
 se
 sont
 plutôt 
concentrés
 sur 
des 
dispositifs 
participant 
à 
l’invention 
d’une
 action 
publique
 en
 situation
 de 
contraction
 matérielle,
 autour 
par 
exemple 
de 
la 
notion
 de 
rationnement
 (Szuba,
2013).
 Les
 contributions
 pourront
 donc
 étudier
 les
 modalités
 de
 conciliation
 des
 institutions
 démocratiques,
 au
 sens
 large,
 avec
 les
 contraintes
 politiques
 et
 sociales
 qu’engendrerait
 une
 économie 
post‐croissance.


3) Pratiques
 démocratiques
 post‐croissance.
 L’enjeu
 des
 démocraties
 sans
 croissance
 a
 enfin
 des
 implications
 en
 termes
 de
 pratiques
 démocratiques,
 posant
 la
 question
 de
 la
 continuité
 entre
 conditions 
sociales 
et 
engagements 
politiques.
Les 
contributeurs
 sont
 donc
 invités 
à 
analyser la
 place
 de
 l’après‐croissance
 dans
 les
 mobilisations
 politiques
 contemporaines,
 écologistes
 ou
 autres.
 Une
 attention
 particulière
 sera
 accordée
 aux
 études
 de
 terrain,
 et
 à
 celles
 ancrant
 leur
 analyse
 dans
 une 
approche
 territoriale 
des 
politiques 
de 
l’après‐croissance.


Date limite d’envoi des propositions : 15 octobre 2014
Envoi
 des
 propositions 
par 
email 
aux
 deux 
responsables 
de
 la 
ST

Voir Section Thématique 26  ci-contre dans le livret
http://www.afsp.msh-paris.fr/activite/2015/appels66st2015.pdf
Actualité suivante : Le medialab recrute